Ici je laisse des traces qui me rassurent... Cliquer sur les images pour les agrandir.

vendredi, mars 16, 2007

Tempo errant

Encre de Chine sur papier de riz, marouflé sur contreplaqué, 113 x 92 cm

lundi, février 26, 2007

Les oeuvres terminées et exposées

http://www.muzarte.net/blog/?page_id=37
C'est la page de la galerie virtuelle du Journal de Musarde. C'est là que vous pouvez retrouver les toiles achevées (en principe) que vous avez un peu suivies en cours d'exécution sur ce blog.

La plupart de ces toiles sont actuellement exposées à la Villa Dutoit, à Genève, jusqu'au 11 mars.

jeudi, février 01, 2007

samedi, janvier 20, 2007

Les choses comme elles sont

C'est vraiment trop petit, je ne sais plus comment gérer l'espace et ça coupe la dynamique des enchaînements. Les murs sont dans un matériau très tendre, je peux planter les clous et les enlever sans marteau. Difficile de gagner de la place. Chaque fois il faut attendre le temps de séchage pour mettre les toiles à la verticale. Moi qui suis déjà un papillon, je ne sais plus dans quelle fleur me perdre et c'est moi que je perds en cours de route.


Ici je tente de retrouver la qualité de la rouille, il faut reprendre le fond pour lui donner de la vie.


Là c'est aussi la rouille, mais ça ressemble un peu à une croûte comme j'en avais sur les genoux quand j'étais môme... la croute! peut-être qu'en forçant les bleus en surface, je vais rattraper...



Celui-là n'existe plus, il a été recouvert hier, je ne pouvais plus évoluer avec la marque foncée du premier tiers supérieur gauche. Je ne trouvais pas la suite et en l'état je le jugeais insuffisant, ennuyeux. Après ce couac, j'ai eu beaucoup de peine à continuer, je me sentais vraiment coincée. Je ne voyais plus que faire. J'ai passé une huitaine de jours en stand by complet. Ça ressemble bien à la libido, même processus... quand ça marche bien j'en redemande et quand ça échoue la motivation se désagrège. La mise en route devient alors lourde et douloureuse. La machine à coups de pied au cul n'y change rien, ça ne se peut, c'est tout. Alors il faut ruser, se redonner goût à la vie, m'activer où au contraire ne rien faire, mais me faire plaisir. Il n'y a pas d'autre méthode pour séduire une muse. Après quelques balades et quelques jours d'activités utiles également, le désir de maîtriser la matière me revient.

Cette partie artiste que je porte en moi, ma subpersonnalité artistique ne m'habite pas toute entière, je ne suis pas qu'une artiste. S'identifier totalement à ma personnalité artiste me rend malade, me dévore. Ces heures à respirer les vapeurs de térébenthine (je me suis achetée un masque pour les nettoyages à grand bain)... le chauffage au pétrole dans l'atelier... Parfois quand je travaille plusieurs jours de suite, ma voix se voile et j'ai l'impression d'être entrain de pourrir ma santé, ma partie saine n'aime pas ça mais l'artiste s'en moque. L'artiste se fiche également d'avoir une vie régulière, elle n'a pas d'heure pour dormir ou pour manger. Elle est souvent là très tard le soir... et le corps qui n'est pas si jeune se plaint.

Je ne peux pas concevoir de délaisser mes autres parties.
Je porte également une danseuse exigeante en matière de discipline corporelle, une gitane, une flemmarde et une adolescente rebelle, une aphrodite qui demande des soins délicats, une fille fragile, une mère occupée des besoins d'autrui, et aussi une organisatrice très affairée, une comptable qui souffre, une gouvernante à l'esprit très pratique (je la nomme Gretchen), une diététicienne pas très stricte(elle autorise le chocolat noir), une femme de ménage distraite et fugitive... sans oublier l'écrivaine occasionnelle, la thérapeute qui répare, colmate, donne du sens et la consultante, cette enseignante qui demande sa place (question de fierté)... si j'en oublie, elles se feront connaître tôt ou tard.

Et puis il y a le critique intérieur...
Selon lui, ma partie artiste exigerait presque que je dorme dans l'atelier. Par exemple, il estime qu'à l'heure qu'il est (11h du matin), ce samedi, je n'ai rien à faire devant l'ordinateur... je me sens donc coupable envers cette partie artiste qui m'apporte tant au niveau de l'auto-estime. Je dis dormir à l'atelier parceque je suis un papillon, je l'ai déjà dit, je vais de situation en situation et je m'abandonne au présent, oublieuse de mes propres consignes. Je me perds sans cesse en cours de chemin et comme l'atelier est à une trentaine de mètres de la maison... pas difficile d'imaginer les nombreuses occasions de disgressions. Mais imaginons que je dorme à l'atelier... immédiatement le critique intérieur sauterait sur l'occasion pour s'allier à la danseuse ou à l'aphrodite ou à la comptable ou à n'importe quelle autre partie pour me reprocher de donner toute ma vie à l'art... Je suis obligée de reconnaitre que ce critique s'affaire beaucoup pour améliorer chaque partie, mais il faut lui faire admettre que sa logique est compartimentée. Il n'a pas de vue d'ensemble et il ne peut pas coordonner ma vie.

Ici intervient l'intuition.
Rien à voir avec la logique et les directives. Ce qui est difficile à admettre c'est cette partie de folie qui entre en jeu. J'ai décidé de peindre et je suis assise devant l'ordinateur. Troublant non? Pourtant c'est simple, j'ai terminé à minuit et ce matin je suis crevée. Mon corps dit stop! Mes sensations sont là pour me guider.
- Mais alors, hurle le critique, tu fais n'importe quoi?
-
Oui, réponds-je, pourvu que ça corresponde à la régulation du bien-être et qu'il n'y ait pas une situation d'urgence.
- Mais tu ES en situation d'urgence, s'affole-t'il, tu n'as pas encore ton quota pour la prochaine expo, le temps passe, tu devrais te comporter différemment, tu sais pourtant bien ce qu'est une charette! Réveille toi!
Là, mon adolescente rebelle se rebiffe, la gitane la tient par la main et pas très loin derrière, se tiennent la flemmarde, la rêveuse et la danseuse qui attendent leur heure elles aussi.
- L'adolescente: au diable cette contrainte!
- La gitane: on pourrait se balader, pourquoi tant de travail, profitons de la vie!
- La flemmarde: j'ai du plomb dans les pattes!
- La danseuse: si tu danses tu retrouveras ton énergie!
Et l'organisatrice et la comptable:
- Profitons-en elle est assise, on la tient...

Mais la thérapeute et l'écrivaine entrent en scène:
-La thérapeute: ça souffre par ici? Qu'est-ce qui se passe?
-L'écrivaine: on va éclaircir ça.
- Le critique défait: elle aura fait tout ce travail sans obtenir la moindre reconnaissance!
- La thérapeute: n'a t'elle pas le droit d'être une artiste en cours d'évolution?
- Le critique: elle est trop vieille pour ça, c'est une mauvaise artiste à laquelle personne ne s'intéressera.
- La thérapeute: une femme évolutive et en bonne santé...
- Le critique: c'est vrai, d'autant plus qu'elle a dejà de quoi ne pas perdre complètement la face. Je crois que ça va tout juste aller.
- La thérapeute: il n'y a aucune obligation d'obéir aux projections de ses parents. Sa mère n'a pas réussi à assumer sa carrière de pianiste, elle avait du talent mais pas les fondations pour gérer une carrière. C'est déjà pas mal de boulot pour réconstituer l'histoire de famille avec ses injonctions. La clé tient dans une scène entre la mère et la fille. La fille c'est Musarde, elle a 11 ans, la mère vit mal sa vie de divorcée et sa dépendance à ses propres parents pour survivre avec son enfant. La fille est distraite, rêveuse, elle est indisciplinée, elle n'est pas là où on la voudrait... la mère pleure de désespoir. La fille est paniquée, elle aime sa mère et elle veut la rassurer, la consoler, la soutenir, il ne faut pas que s'effondre son seul soutien, et elle engage sa vie : "je serai quelqu'un, je te le promets, ne t'en fais pas pour moi".

La fille se charge du fardeau que la mère n'a pas pu porter.

Conclusion.
Repos, grand air, ordre, calme et volupté jusquà ce qu'énergie s'ensuive!

Amen.